Les groupes familiaux demandent encore si les règles OCDE étaient « seulement pour les multinationales cotées ». Elles ne l’étaient pas. Les OCDE pilier deux groupes familiaux qui franchissent le test de chiffre d’affaires sont dans le périmètre GloBE même lorsque chaque action siège chez des cousins. Les règles modèles Global Anti-Base Erosion imposent un plancher de 15 % de taux effectif juridictionnel, avec un impôt complémentaire collecté par un Qualified Domestic Minimum Top-up Tax, une Income Inclusion Rule et, en filet, une Undertaxed Profits Rule. La détention privée n’est pas une catégorie d’entités exclues.
Cet article est une information générale pour les familles et les family offices. Il ne constitue ni un calcul GloBE, ni un mandat, ni un conseil personnalisé. Le champ, les safe harbours et l’impôt complémentaire dépendent des comptes consolidés, des juridictions qui ont transposé, et d’un conseil qui relit ensemble les textes OCDE et les lois internes.
Les OCDE pilier deux groupes familiaux peuvent être dans le champ sans cotation
Le Cadre inclusif de l’OCDE a publié les règles modèles GloBE en décembre 2021. Le bureau officiel reste la page OCDE sur les Global Anti-Base Erosion Model Rules (Pilier deux). Les FAQ OCDE sur les règles GloBE exposent l’architecture en forme courte : un taux effectif minimum de 15 %, testé juridiction par juridiction, pour les groupes d’MNE dans le champ. L’Union européenne a adopté la directive (UE) 2022/2523 comme transposition commune. En 2026, beaucoup d’États membres, dont la France, appliquent IIR et QDMTT, avec l’UTPR en vigueur selon le calendrier de la directive. Cet article décrit cette architecture. Il n’invente pas une exonération family office que les règles modèles auraient oublié d’écrire.
Le pilier deux est un régime de groupe de sociétés. Ce n’est pas l’IFI, pas un impôt personnel de fortune, pas un substitut à la limitation d’intérêts ATAD. Les organigrammes qui peinent déjà avec l’article 212 bis, comme dans la limitation d’intérêts ATAD 2026, peuvent aussi être des entités constitutives GloBE si le groupe franchit la porte de chiffre d’affaires. Les deux dossiers partagent un organigramme. Ils ne partagent pas une formule.
Le test GloBE à 15 % est un taux effectif juridictionnel
GloBE ne demande pas si le taux mondial mélangé du groupe est de 15 %. Il demande, pour chaque juridiction, si les impôts couverts divisés par le revenu GloBE atteignent 15 %. Si le taux effectif juridictionnel est sous 15 %, l’impôt complémentaire se calcule sur les bénéfices excédentaires après l’exclusion fondée sur la substance (un retraitement fondé sur la masse salariale et les actifs corporels). Un groupe familial fortement taxé en France et faiblement taxé dans une holding ou une société de PI à l’étranger peut devoir un complément même si le taux affiché de la société française est de 25 %. La juridiction faiblement taxée est l’enfant à problème. La juridiction fortement taxée n’est pas une éponge qui absorbe l’écart par moyenne.
Le revenu GloBE part du résultat net comptable des entités constitutives, avec des ajustements précisés. Les impôts couverts sont les impôts constatés sur ce revenu, avec d’autres ajustements. Impôts différés, différences de timing et instruments hybrides expliquent pourquoi un pack d’EBITDA de gestion n’est pas un pack GloBE. Les familles qui collent un taux CbCR dans une note de conseil d’administration ont un indicateur cousin, pas le calcul GloBE. La porte de 750 millions d’euros du CbCR est historiquement la cousine de la porte GloBE. Les calculs après la porte divergent.
Le test de 750 millions d’euros de chiffre d’affaires
L’article 1.1 des règles modèles applique GloBE aux entités constitutives d’un groupe MNE dont le chiffre d’affaires annuel est d’au moins 750 millions d’euros dans les états financiers consolidés de l’entité mère ultime, au moins deux des quatre exercices précédant l’exercice testé. Un exercice qui n’est pas de douze mois est proratisé. L’article 6.1 modifie le seuil dans des cas précisés (fusions, scissions, première année après le franchissement). Les FAQ OCDE répètent le même test : chiffre d’affaires consolidé de 750 millions d’euros au moins deux des quatre dernières années.
Trois erreurs de family office suivent. Première, traiter le test comme « 750 millions d’euros de bénéfice imposable ». C’est le chiffre d’affaires des comptes consolidés, selon le référentiel de ces comptes. Deuxième, traiter une seule année exceptionnelle comme un champ à vie, ou une seule année mince comme une sortie permanente. Deux sur quatre est un motif, pas un pic. Troisième, ignorer qu’un groupe privé qui n’a jamais produit de comptes IFRS consolidés peut encore devoir construire une vue consolidante pour GloBE, parce que le concept d’UPE n’exige pas une cotation. Si la famille déclare un chiffre d’affaires combiné au-dessus de la porte deux années sur quatre, le groupe est dans la conversation.
Les entités exclues ne sont pas un laissez-passer family office
Les entités publiques, les organisations internationales, les organismes sans but lucratif, les fonds de pension et certains fonds d’investissement qui sont UPE sont des entités exclues. Les FAQ sont explicites : l’exclusion ne s’étend pas automatiquement à toutes les entités que ces personnes exclues détiennent. Une famille n’est pas une entité exclue. Une holding familiale n’est pas un gouvernement. Un véhicule de family office qui serait un fonds d’investissement au sens GloBE peut être exclu comme UPE dans des cas étroits ; la plupart des groupes opérationnels détenus par une famille ne sont pas des fonds. Supposer « nous sommes privés, donc exclus » est l’erreur que cet article existe pour corriger.
QDMTT, IIR et UTPR, conceptuellement
Trois règles de collecte se superposent. Un Qualified Domestic Minimum Top-up Tax permet à la juridiction faiblement taxée de prélever elle-même le complément sur ses propres entités constitutives. Beaucoup de pays ont introduit un QDMTT pour que l’impôt reste chez eux. Une Income Inclusion Rule permet à une société mère (en général l’UPE, ou une mère intermédiaire) de reprendre le complément restant sur les filiales faiblement taxées. Une Undertaxed Profits Rule est le filet : si le complément resterait non collecté, d’autres juridictions qui ont transposé se le répartissent, en général en refusant une déduction ou par un mécanisme équivalent, selon une clé de substance (effectifs et actifs corporels).
Conceptuellement, l’ordre est QDMTT d’abord, IIR ensuite, UTPR en dernier. Un groupe familial dont la seule entité faiblement taxée siège dans un pays doté d’un QDMTT peut payer le complément là-bas et n’avoir plus grand-chose en IIR ou UTPR. Un groupe familial dont l’entité faiblement taxée siège dans un pays sans transposition GloBE peut voir l’IIR au niveau français (ou d’une autre mère), ou l’UTPR dans les pays où le groupe a des salariés et des usines. L’UTPR explique pourquoi une filiale industrielle dans un État qui a transposé peut devenir le point de collecte de bénéfices sous-taxés ailleurs. Ce n’est pas un impôt personnel sur les cousins. C’est un ajustement sociétaire dans les entités qui ont de la substance au regard de la clé de répartition.
Les safe harbours, y compris les safe harbours transitoires CbCR et un safe harbour QDMTT dans les guidances administratives ultérieures, peuvent éteindre les calculs complets pour une juridiction une année donnée. Ce sont des tests mécaniques. Ce n’est pas une promesse politique que les groupes familiaux seront laissés tranquilles. Les guidances administratives OCDE publiées jusqu’en 2023 et au-delà restent sur la même page pilier deux. Les matériaux publiés d’ici août 2026 sont dans le champ de cette note. Cet article ne cite pas d’impressions postérieures. Un groupe qui qualifie pour un safe harbour transitoire doit encore justifier les chiffres CbCR. Un safe harbour est un dossier, pas la rumeur que « les groupes privés sont dehors ».
Ce qu’un family office doit cartographier
Une carte utile est un périmètre de groupe, pas un arbre généalogique de prénoms. Identifier l’UPE. Lister chaque entité qui serait constitutive. Obtenir ou construire le chiffre d’affaires consolidé des quatre dernières années contre le test de 750 millions d’euros. Lister les juridictions, les impôts couverts, et une première indication de taux effectif (le CbCR peut être un écran, pas une réponse). Flagger les entités dans des régimes à faible imposition ou préférentiels, les sociétés de PI et les holdings pures. Flagger les pays avec QDMTT, avec IIR et avec UTPR. Flagger les arguments de fonds d’investissement seulement là où la définition GloBE pourrait vraiment coller. Flagger les coentreprises et les entités à minorité selon les seuils de détention des règles modèles.
Puis poser les dossiers de fortune personnelle à côté du dossier de groupe, pas dedans. L’IFI, comme dans l’inventaire IFI 2026, traverse les sociétés pour l’immobilier français. GloBE regarde le taux effectif de la société elle-même. Un mur dans une SCI française peut être de l’IFI pour la famille et indifférent à GloBE si le groupe est sous 750 millions d’euros. Un groupe industriel au-dessus de 750 millions d’euros peut être dans GloBE et encore avoir un problème IFI à côté. Les calendriers de transposition diffèrent : IIR et QDMTT en général à partir de 2024 dans l’UE, UTPR à partir de 2025 selon le calendrier de la directive, avec des variantes locales. Un groupe familial qui a franchi 750 millions d’euros en 2023 et 2024 n’attend pas un « peut-être » de 2027. Il est déjà dans une année de conformité. Vellum Finance ne dépose pas les déclarations d’information GloBE. Le modèle des services Vellum Finance est une coordination fee-only pour que conseils, commissaires aux comptes et administrations fiscales travaillent à partir d’un seul périmètre. Le livrable 2026 est un oui/non sur la porte de chiffre d’affaires, une liste de juridictions, et la règle de collecte qui s’appliquerait si un taux effectif était sous 15 %.
Conclusion
Le pilier deux de l’OCDE en 2026 est un plancher GloBE juridictionnel de 15 % pour les groupes MNE dont le chiffre d’affaires consolidé atteint 750 millions d’euros deux des quatre années précédentes. QDMTT, IIR et UTPR sont la pile de collecte. Les groupes privés, détenus par une famille, peuvent être dans le champ. Le statut d’entité exclue est écrit pour les États, les œuvres, les fonds de pension et certains fonds, pas pour les cousins. Lire les pages OCDE du pilier deux et la directive européenne. Compter le chiffre d’affaires consolidé. Ne pas attendre une cotation, et ne pas inventer une exonération familiale.
Discrétion. Stabilité. Prospérité.
Team Vellum
A team of passionate professionals who combine their expertise to bring knowledge through Vellum Finance & Patrimoine blog articles. Each member writes about their own field of expertise, cross referencing with our colleagues own fields to ensure the highest quality of information possible in all our content.




